Service Formation / Emploi
Textes qui conditionnent l'éligibilité des publics, l'orientation, le financement et la certification
Entrées datées successives, la plus récente en haut. Chaque veille ajoute un bloc ci-dessous.
Le vote solennel sur la première partie du projet de loi de finances pour 2027, prévu le 20 octobre, n'a pas eu lieu. Le 19 octobre, il restait 2 828 amendements à examiner sur 3 396 déposés, et les débats ont été suspendus à minuit pour laisser place au budget de la Sécurité sociale. Selon LCP, l'examen du budget de l'État doit reprendre autour du 27 octobre. Le ministre des Comptes publics estime que les modifications votées en une semaine ont dégradé le déficit d'environ 10 milliards d'euros.
Le 23 octobre 2026, l'Assemblée nationale a rejeté la partie « recettes » du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, par 115 voix contre 1, les groupes du bloc central s'abstenant. Faute de recettes adoptées, les dépenses n'ont pas été examinées : le texte est transmis au Sénat dans la version initiale du gouvernement, et le Sénat doit l'examiner à partir du 9 novembre.
L'Assemblée doit se prononcer en première lecture sur le budget de l'État, recettes et dépenses comprises, avant le 17 novembre. La seconde partie, où figurent les crédits de la mission Travail-emploi et donc ceux de l'insertion par l'activité économique, devait s'ouvrir le 27 octobre ; avec le report des recettes, elle commencera plus tard, à une date qui n'est pas publiée. Si la partie « recettes » est rejetée, ou si le délai expire, le texte part au Sénat. Le recours au 49.3 et, à défaut de vote du Parlement dans les soixante-dix jours, la mise en œuvre du budget par ordonnances à partir du 18 décembre sont évoqués dans la presse parlementaire ; rien n'est décidé. Le décret de reconduction des aides à l'apprentissage pour 2027 n'est toujours pas paru.
Pour les modules SIAE, le risque change de nature. Il est désormais possible que les crédits de l'IAE ne soient jamais débattus en séance à l'Assemblée : si le texte part au Sénat sans vote ou si le budget est appliqué par ordonnances, c'est la version du gouvernement — avec la baisse de 5,9 % à 6,8 % estimée par les réseaux — qui servirait de base. La règle reste la même : ne pas construire le plan de charge 2027 sur un maintien des crédits, et vérifier avec les structures d'insertion partenaires, d'ici la fin novembre, le nombre de parcours qu'elles prévoient de financer.
Le 9 octobre 2026, la commission des finances avait rejeté la première partie du projet de loi de finances pour 2027 (31 voix contre, 3 pour, 2 abstentions). Ce vote n'a qu'une portée indicative : la séance publique repart du texte du gouvernement. Le 13 octobre, l'Assemblée a repoussé la motion de rejet préalable déposée par le groupe socialiste, par 236 voix contre 149 ; adoptée, elle aurait envoyé le texte directement au Sénat sans débat sur le fond. L'examen de la partie « recettes » se poursuit donc, avec un vote solennel prévu le 20 octobre, puis la seconde partie — celle des crédits par mission — à partir du 27 octobre.
Selon la presse juridique, le Premier ministre n'exclut ni le recours à l'article 49.3 de la Constitution, ni la mise en œuvre du budget par ordonnances, possible si le Parlement ne s'est pas prononcé dans le délai de soixante-dix jours. Plusieurs groupes d'opposition évoquent par ailleurs une motion de censure. Rien de cela n'est décidé ; c'est une hypothèse qui pèse sur la suite.
Aucun amendement portant sur les crédits de l'insertion par l'activité économique n'a été repéré à ce stade, ce qui est logique : la mission Travail-emploi n'arrive en séance qu'à partir du 27 octobre. Les réseaux maintiennent leur alerte, mais leurs estimations diffèrent : la Fédération des acteurs de la solidarité retient une baisse de 5,9 %, soit environ 80 millions d'euros, quand une autre fédération du secteur avance 6,8 %, soit près de 97 millions. Ces deux chiffres sont ceux des réseaux, non du ministère. Le décret de reconduction des aides à l'apprentissage pour 2027, lui, n'est toujours pas paru.
Pour les modules SIAE, l'hypothèse d'un 49.3 change la lecture des débats à venir : en cas de recours à cet article, le gouvernement choisit les amendements qu'il conserve, et un rétablissement des crédits de l'IAE voté en séance pourrait ne pas survivre. La prudence recommandée la semaine dernière reste donc de mise : ne pas construire le plan de charge 2027 sur l'hypothèse d'un maintien des crédits, et suivre les échanges du 27 octobre au 16 novembre avec les structures d'insertion partenaires.
La commission des finances de l'Assemblée nationale a examiné la première partie du projet de loi de finances pour 2027 — celle des recettes — du 7 au 9 octobre 2026. Selon le calendrier relayé par les sites de suivi parlementaire, cette première partie passe en séance publique à partir du 12 octobre, avec un vote solennel prévu le 20 octobre. La seconde partie, qui porte les crédits de chaque mission, dont « Travail, emploi et administration des ministères sociaux », serait examinée du 27 octobre au 16 novembre, pour un vote sur l'ensemble du texte en première lecture le 17 novembre 2026. Les amendements adoptés cette semaine en commission (118 sur 811) portent sur la fiscalité et ne touchent pas, d'après les comptes rendus consultés, nos dispositifs. Ces dates peuvent glisser : elles dépendent du déroulement des débats.
Les documents budgétaires détaillés permettent de corriger et compléter l'entrée du 3 octobre. Les crédits budgétaires de la mission passeraient de 20,54 milliards d'euros en 2026 à 18,56 milliards en 2027, soit près de 2 milliards de moins (environ −10 %) ; s'y ajoutent des taxes affectées plafonnées à 10,92 milliards d'euros, contre 11,67 l'an dernier. Le chiffre de 2,5 milliards d'économies cité la semaine dernière additionnait plusieurs postes et ne doit pas être confondu avec la baisse des seuls crédits. Les aides au poste de l'IAE représenteraient environ 1,3 milliard d'euros ; France Travail perdrait environ 400 emplois et une partie de sa subvention. À l'inverse, la jeunesse est affichée comme priorité 2027 (entrées en contrat d'engagement jeune maintenues, 1,2 milliard d'euros pour les allocations et les missions locales, +3 millions pour les EPIDE), et l'apprentissage bénéficierait d'un fonds national de soutien aux CFA. Point utile pour la rubrique Qualité : 20 emplois supplémentaires sont prévus pour les services de contrôle de la formation professionnelle.
Le 7 octobre 2026, le collectif des réseaux de l'IAE a rediffusé son analyse : troisième année consécutive de baisse, environ 4 000 emplois en insertion menacés selon ses calculs, et un argument central — l'insertion rapporterait davantage à l'État qu'elle ne lui coûte. Ces chiffrages restent ceux des réseaux, et non du ministère. D'autres estimations, plus pessimistes, circulent sans source vérifiable à ce jour : elles ne sont pas reprises ici.
La date qui compte pour les modules SIAE est le 27 octobre : c'est à partir de là que des amendements pourraient rétablir tout ou partie des crédits de l'IAE, comme ce fut tenté l'an dernier. D'ici là, rien n'est acquis dans un sens ou dans l'autre, et il est prudent de ne pas bâtir le plan de charge 2027 des modules SIAE sur l'hypothèse d'un maintien. Pour les ateliers France Travail, la baisse d'effectifs de l'opérateur peut se traduire par moins de prescriptions ou par davantage d'actions externalisées : le sens n'est pas encore lisible, et c'est à suivre avec l'agence de Tarbes. Le renfort du contrôle de la formation professionnelle, enfin, rejoint l'échéance Qualiopi du 1er novembre.
Le projet de loi de finances pour 2027 a été déposé le 1er octobre 2026. La mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » y porte un effort d'économies d'environ 2,5 milliards d'euros, ce qui en ferait la troisième année de baisse consécutive ; les lettres-plafonds de l'été fixaient un maximum de 18,7 milliards d'euros. Tout ce qui suit est un projet : le débat parlementaire s'ouvre cet automne et les montants peuvent bouger d'ici la fin de l'année.
D'après le communiqué commun de neuf réseaux de l'IAE (dont la Fédération des acteurs de la solidarité, Coorace et Emmaüs France), les crédits de l'IAE baisseraient de 5,9 %, soit environ 80 millions d'euros de moins qu'en 2026. Les réseaux en déduisent la suppression d'environ 4 000 postes en insertion et plus de 10 000 parcours en moins — c'est leur lecture, non un chiffre du ministère. Le volet formation, le PIC IAE, reculerait de 7 % à 65 millions d'euros, soit 35 % de moins qu'en 2024. Les aides au poste revalorisées en septembre (voir l'entrée du 12 septembre) ne compensent donc rien : le poste est mieux payé, il y en aurait moins.
Les crédits d'État versés aux Régions au titre des pactes régionaux d'investissement dans les compétences passeraient de 527 millions d'euros en 2026 à zéro en 2027, après plus d'un milliard en 2025. France Travail perdrait par ailleurs une centaine de millions d'euros et de l'ordre de 400 postes, selon les informations de Public Sénat. L'enveloppe de l'apprentissage serait épargnée, et les aides à l'embauche d'apprentis reconduites en 2027 aux montants de 2026 — mais il s'agit d'une annonce : le décret no 2026-168 du 6 mars 2026 ne couvre que les contrats commencés avant le 1er janvier 2027, et un nouveau texte sera nécessaire.
L'article 89 du projet renforce la participation des titulaires au financement de leur formation. Un questionnaire sur le projet professionnel serait rempli avant l'achat ; selon la réponse, la personne poursuivrait normalement, serait orientée vers un conseil en évolution professionnelle, ou paierait une participation plus élevée. Échapperaient à la hausse les formations cofinancées, les projets de transition professionnelle, les métiers en tension et six secteurs jugés prioritaires (défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique, sanitaire et social) ; la presse spécialisée ajoute les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail. Le chiffre de 350 € de reste à charge, contre 150 € aujourd'hui, circule largement, mais il ne figure pas dans le texte, qui renvoie le montant à un décret. Deux dates sont à noter : les dispositions viseraient les demandes déposées à partir du 1er octobre 2026 si la loi est votée en l'état, et la condition de projet professionnel s'appliquerait au 1er janvier 2028.
Le dépôt des contrats d'apprentissage passerait des opérateurs de compétences à une plateforme numérique nationale au plus tard le 31 octobre 2027, et le pilotage de France VAE serait transféré de la DGEFP à la Caisse des dépôts.
Trois effets à prévoir. Pour les modules SIAE, le PIC IAE à 65 millions d'euros signifie des commandes de formation plus rares et plus disputées en 2027 : les structures partenaires arbitreront entre postes et formation, et il faut leur parler dès maintenant de leurs besoins du premier semestre. Pour Projet Pro, la fin des crédits d'État laisse la Région seule financeuse de son plan 2027-2030 : le budget régional voté en février n'est pas remis en cause par ce texte, mais il ne sera plus abondé. Pour le CPF, nos publics demandeurs d'emploi seraient exemptés ; en revanche un salarié en insertion ou un salarié accompagné en reconversion pourrait se voir demander un projet professionnel formalisé — exactement ce que Projet Pro sait produire. À vérifier dans le décret : la situation exacte des salariés en contrat d'insertion.
L'entrée du 31 juillet signalait un arrêté du 13 avril 2026 qui revalorisait les aides financières aux structures de l'insertion par l'activité économique sans que les montants en soient encore connus ici. Ils le sont désormais : l'arrêté du 31 juillet 2026, publié au Journal officiel du 2 septembre 2026, fixe les montants socles applicables rétroactivement au 1er juin 2026. Pour la France métropolitaine : 24 786 € par poste en atelier et chantier d'insertion, dont 1 278 € au titre de l'accompagnement socioprofessionnel et de l'encadrement technique ; 13 785 € en entreprise d'insertion, contre 13 461 € depuis le 1er janvier 2026 ; 4 990 € en entreprise de travail temporaire d'insertion ; 1 677 € en association intermédiaire. La hausse, de l'ordre de 2,41 %, suit la revalorisation du Smic de juin ; c'est la deuxième de l'année. Des montants réduits s'appliquent à Mayotte et aux dispositifs implantés en milieu pénitentiaire.
Il faut lire ces chiffres avec ce que nous savons déjà du budget : le poste est mieux financé, le volet formation de l'IAE reste en recul de près de 35 % en 2026 par rapport à 2025. La pince ne s'est pas desserrée, elle s'est refermée d'un cran de plus.
Le Journal officiel du 9 septembre 2026 publie l'arrêté du 7 juillet 2026 portant création du titre professionnel de gouvernant en hôtellerie, enregistré au niveau 5 du cadre national des certifications professionnelles, pour une durée de cinq ans à compter du 18 décembre 2026, date à laquelle le titre prend effet. Il se compose de deux certificats de compétences professionnelles, « Contrôler la qualité de la production du service » et « Organiser et animer le travail des équipes du service », qui peuvent être obtenus séparément.
Soyons précis sur la portée : un titre de niveau 5 sanctionne une fonction d'encadrement, ce n'est pas une porte d'entrée pour une personne très éloignée de l'emploi. Sur un bassin où l'hôtellerie pèse ce qu'elle pèse — Lourdes au premier chef — c'est en revanche une marche de progression identifiable, et un argument concret à tenir en entretien de projet : le métier de gouvernant a désormais une certification d'État et deux blocs capitalisables.
Les éditions du Journal officiel des 5, 8, 9, 10, 11 et 12 septembre 2026 ont été dépouillées : hormis les deux textes ci-dessus, elles ne contiennent rien qui touche l'éligibilité de nos publics, le financement de nos actions ou nos obligations de certification. Deux textes voisins méritent seulement un renvoi : le décret no 2026-846 du 7 septembre 2026 prorogeant les mandats du président et des membres du Conseil national consultatif des personnes handicapées — voir la rubrique Handicap —, et le projet de loi sur la transparence salariale, présenté en conseil des ministres le 10 septembre 2026 — voir la rubrique Égalité professionnelle.
Les organismes référencés sur Mon Compte Formation ont deux déclarations à rendre cet automne, et la sanction est la même dans les deux cas — l'invisibilité. La déclaration annuelle de sous-traitance, prévue par le décret no 2023-1350 du 28 décembre 2023 et l'arrêté du 3 janvier 2024, est à déposer avant le 30 septembre 2026 ; elle s'impose à tous les organismes référencés, y compris à ceux qui n'ont jamais sous-traité, l'absence de réponse étant elle-même un manquement. Le renseignement des blocs de compétences RNCP, ouvert depuis le 11 juin 2026 sur décision de la Caisse des dépôts, doit être achevé avant le 22 octobre 2026 : les offres visant une certification du répertoire national qui n'auront pas renseigné leurs blocs cesseront d'apparaître dans le moteur de recherche de Mon Compte Formation.
Le ministère du Travail a ouvert à la rentrée une concertation sur le compte personnel de formation. L'intention annoncée par le ministre est de le transformer en compte professionnel de formation, en instaurant une vérification préalable de la cohérence du projet avant toute mobilisation des droits — vérification qui pourrait revenir à l'employeur lorsque la formation se déroule sur le temps de travail, ou aux conseillers en évolution professionnelle. Les autres sujets mis sur la table : révision des plafonds de financement par type de formation, encadrement des prix, renforcement du reste à charge sur certaines catégories, accompagnement renforcé des bénéficiaires. Le calendrier évoqué situe la présentation de la réforme au dernier trimestre 2026 et une application progressive au premier semestre 2027.
Rien de tout cela n'est écrit à ce jour : ce sont des intentions ministérielles et une concertation en cours, pas un projet de texte publié. La règle en vigueur reste celle de mars 2026 — participation de 150 €, plafonnement de l'usage des droits à 1 500 € sur certaines formations, et dispense totale de reste à charge pour les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail.
Sur l'IAE, les montants publiés donnent un argument chiffré à porter dans les échanges avec Entraide Services et les autres structures partenaires : un poste en chantier d'insertion est financé à 24 786 €, dont 1 278 € explicitement fléchés sur l'accompagnement et l'encadrement — c'est la ligne qui peut payer un module SIAE court et sur mesure, au moment où le volet formation de l'IAE, lui, recule. La phrase à retenir pour un rendez-vous : l'aide n'a pas baissé, c'est la formation qui a baissé, et il existe une part accompagnement dans l'aide. Sur EDOF, la question à trancher cette semaine est binaire : le service dépose-t-il, ou non, des offres sur Mon Compte Formation ? Si oui, les deux déclarations sont à faire avant le 30 septembre et le 22 octobre, et la première concerne l'organisme même sans aucune sous-traitance ; si non, aucune démarche — mais la réponse doit être vérifiée, pas supposée. Sur le CPF, rien ne change pour l'instant dans ce que nous disons en entretien : un demandeur d'emploi inscrit reste dispensé de reste à charge. En revanche, si la vérification préalable de cohérence se confirme, c'est le travail d'écriture du projet professionnel — le cœur de Projet Pro et de DYNAMO — qui deviendra la condition d'accès au financement, et non plus seulement sa préparation. Il vaut la peine de le suivre de près.
Publié au Journal officiel du 30 août 2026 et applicable aux contrats conclus à compter du 1er septembre 2026, ce décret fixe les niveaux de prise en charge (NPEC) des contrats d'apprentissage — c'est-à-dire le montant que l'OPCO verse au centre de formation pour chaque apprenti. Il abroge les deux textes qui régissaient jusqu'ici la matière : le décret no 2024-695 du 5 juillet 2024 et le décret no 2025-860 du 29 août 2025.
Le mécanisme mérite d'être compris exactement, car il est souvent mal résumé. Ce ne sont pas les pouvoirs publics qui fixent le prix d'un contrat d'apprentissage : ce sont les branches professionnelles, par leurs commissions paritaires. Le décret n'intervient qu'à défaut. Son annexe recense environ 3 671 certifications et attache à chacune une valeur de carence, celle qui s'applique quand la branche ne s'est pas prononcée ou n'a pas repris la recommandation de France compétences. Selon les certifications, ces valeurs montent ou descendent par rapport aux montants antérieurs. Plusieurs commentateurs du secteur avancent un ordre de grandeur de 60 % de baisses pour 40 % de hausses ; ce chiffrage n'émane pas de l'administration et doit être tenu pour une estimation, non pour une donnée. La seule manière fiable de savoir ce qu'il en est pour une certification donnée reste de consulter le référentiel unique tenu par France compétences avant de signer un contrat.
Adoptée par le conseil d'administration de France Travail le 25 juin 2026 et publiée au Bulletin officiel de l'opérateur no 2026-37 du 1er juillet 2026, cette délibération est entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Elle définit les conditions auxquelles une action de formation est affichée dans les services et applications numériques de France Travail et, le cas échéant, financée par lui. Six exigences cumulatives y sont posées : une finalité professionnelle démontrée ; une contribution réelle au parcours de la personne ; un lien établi avec l'accès ou le retour à l'emploi ; des compétences descriptibles, observables et évaluables selon une méthode explicite ; un adossement à un référentiel, une certification ou une qualification vérifiable ; et une information claire sur les objectifs, les contenus, les prérequis et les débouchés.
Le texte organise aussi la manière dont l'opérateur repère les offres à examiner : signalements d'usagers, alertes de partenaires, remontées internes, et une base de mots-clés construite avec les Carif-Oref et la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. À l'issue de l'examen, une formation peut être maintenue, placée sous examen renforcé, ou exclue de l'affichage et du financement, toute décision d'exclusion devant être motivée. Le contrôle porte sur les éléments déclarés par l'organisme et se poursuit a posteriori, en visant d'abord le catalogue des formations prescrites et financées par France Travail.
Deux annonces pèsent sans avoir à ce jour de valeur juridique. Le gouvernement a transmis au Parlement des orientations prévoyant une réduction d'environ 1,9 milliard d'euros sur la mission « Travail et emploi » du projet de loi de finances pour 2027, après près de 5 milliards retirés entre 2024 et 2026. Par ailleurs, le ministère du Travail a confirmé aux régions la non-reconduction des pactes régionaux d'investissement dans les compétences (Pric) et la suppression des enveloppes dédiées à l'apprentissage en 2027. Rien de tout cela n'est voté : ce sont des orientations et des annonces, à confirmer par le texte budgétaire de l'automne 2026.
Des deux textes, la délibération France Travail est celui qui nous concerne le plus directement : elle s'applique à toute action que nous faisons figurer dans le catalogue prescriptible, et elle est déjà opposable. Nos actions les plus exposées sont celles qui ne débouchent pas sur une certification — Projet Pro, LECTIO, les modules SIAE, les ateliers France Travail, les groupes AGIR. Elles ne sont pas fragilisées pour autant : la délibération n'exige pas une certification, elle exige un référentiel ou une reconnaissance vérifiable et des compétences évaluables. Un parcours adossé au CECRL, au référentiel CléA ou à un référentiel de compétences transverses écrit et publié satisfait la condition ; un programme décrit en intentions vagues ne la satisfait pas. Le chantier de rentrée est donc précis et borné : reprendre, action par action, la fiche publiée — objectifs, prérequis, débouchés, référentiel de rattachement, méthode d'évaluation — et la mettre en cohérence avec ce qui se fait réellement en salle. Le décret NPEC, lui, ne touche pas nos parcours mais change l'argumentaire côté entreprises : voir la rubrique Lien entreprise.
Sur la seconde quinzaine d'août, nos recherches ne relèvent aucun texte nouveau au Journal officiel touchant directement la formation professionnelle continue, l'insertion par l'activité économique ou l'éligibilité de nos publics. Les derniers textes du champ restent les arrêtés du 3 août 2026, publiés au JO du 12 août, qui constatent les montants de compensation dus aux régions au titre de la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle — un mécanisme financier entre l'État et les régions, sans effet sur les barèmes versés aux stagiaires. Ils avaient déjà été signalés le 16 août. Ce constat est donné pour ce qu'il est : le résultat d'une recherche, non une certitude d'exhaustivité.
Publié au JO du 11 août 2026, un arrêté élargit le régime d'indemnisation des périodes de formation en milieu professionnel des élèves de la voie professionnelle : le brevet national des métiers d'art y entre, et le dispositif dit AvenirPro+ est fixé à 15 € par jour après un diplôme de niveau 3 et 20 € par jour après un niveau 4, dans la limite de 750 € et 1 000 € pour dix semaines au maximum. Les barèmes existants — 10, 15 puis 20 € par jour selon l'année — sont inchangés.
Ce texte relève de l'Éducation nationale et vise des élèves sous statut scolaire. Il ne concerne ni les stagiaires de la formation professionnelle continue, ni les personnes accompagnées par le service. La confusion est fréquente et vaut d'être signalée d'avance.
À court terme, rien à modifier dans les conventions ni dans l'information donnée aux stagiaires de Projet Pro et de LECTIO : les barèmes de rémunération sont inchangés, et l'arrêté du 11 août ne vise pas nos publics — il faudra seulement savoir le dire aux jeunes de O2R et à leurs familles, qui lisent « stage » et « 20 € par jour » sans distinguer les statuts. À moyen terme, deux points appellent une anticipation. Le premier est budgétaire : l'enveloppe 2027 conditionne le volume du Plan régional de formation sur lequel reposent Projet Pro et LECTIO à Tarbes et Bagnères, et l'annonce de préservation ne porte, en l'état, que sur l'apprentissage. Le second est opérationnel : si l'apprentissage reste soutenu quand d'autres lignes se contractent, il devient une voie de sortie à instruire plus systématiquement pour les moins de 30 ans suivis par AGIR et O2R — ce que l'expérimentation ouverte à six CFA pour les primo-arrivants, signalée le 31 juillet, rend plausible dès la rentrée.
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences a été publié au Journal officiel du 4 août 2026 (JORF n° 0180, NOR TRSD2619632D). Il entre en vigueur le 1er novembre 2026 et remplace le référentiel fixé par le décret n° 2019-565 du 6 juin 2019. La réserve inscrite dans l'entrée du 31 juillet — « le décret n'est pas paru, le texte de 2019 reste applicable » — n'a donc plus lieu d'être. Le détail, critère par critère, est traité dans la rubrique Qualité.
Le Journal officiel du 12 août 2026 publie plusieurs arrêtés du 3 août 2026 constatant le montant du droit à compensation dû aux régions, aux collectivités de Corse et de Saint-Martin, aux collectivités territoriales de Martinique et de Guyane et au Département-Région de Mayotte, au titre de l'application des décrets n° 2021-521 et n° 2021-522 du 29 avril 2021 et du décret n° 2022-477 du 4 avril 2022 relatifs à la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle. Il faut lire ces textes pour ce qu'ils sont : ils règlent le transfert financier de l'État vers les régions consécutif aux revalorisations passées. Ils ne modifient ni les barèmes, ni les conditions d'éligibilité, ni ce que perçoit un stagiaire. Aucune revalorisation nouvelle n'est à en attendre.
Sur les deux autres textes suivis par l'entrée du 31 juillet — généralisation des 15 heures d'activité pour les allocataires du RSA et reste à charge CPF à 150 € depuis le 8 avril 2026 —, la quinzaine n'apporte aucune modification réglementaire repérable. Les mesures restent en l'état. La période estivale du Journal officiel a surtout produit des textes hors de notre champ (durée du travail, aide exceptionnelle aux entreprises touchées par les incendies, extensions de conventions collectives).
Une seule action à engager, mais elle est datée : la mise en conformité qualité avant le 1er novembre 2026, qui touche l'ensemble des parcours conventionnés — Projet Pro et LECTIO au titre du Plan régional de formation, DYNAMO, les modules SIAE et les ateliers France Travail. Sur la rémunération des stagiaires, en revanche, il n'y a rien à annoncer aux personnes accompagnées : l'arrêté du 3 août est un texte budgétaire entre l'État et la Région. Le préciser évite qu'une lecture rapide de titre n'alimente une attente de revalorisation en groupe.
Un projet de décret fait évoluer le Référentiel national qualité à compter du 1er novembre 2026. L'architecture à sept critères est maintenue, mais plusieurs indicateurs sont reformulés et renforcés, avec trois axes affichés : transparence, qualité pédagogique et protection des apprenants, traçabilité des prestations. Un 33e indicateur apparaît, propre à l'apprentissage : les apprentis devront pouvoir évaluer les contenus et enseignements distinctement de l'enquête de satisfaction habituelle. Changement le plus structurant pour un organisme travaillant en groupement : le respect du référentiel par les sous-traitants et le portage salarial ne se déclare plus, il se formalise par écrit dans le contrat de sous-traitance, avec traçabilité.
Projet Pro fonctionne en groupement (GRETA, École des Métiers) et LECTIO comme les ateliers France Travail passent par des conventions de co-traitance avec mandataire. Les conventions types devront intégrer une clause de conformité au référentiel avant le prochain audit. À porter en revue qualité dès la rentrée, avec la référente qualité.
Après la phase d'expérimentation menée dans plusieurs départements, la conditionnalité du RSA à quinze heures d'activité hebdomadaires est généralisée. Le volume peut être ajusté dans une fourchette — souvent quinze à vingt heures — selon le diagnostic et le contrat d'engagement réciproque signé avec France Travail. Les activités éligibles recouvrent la formation, les missions bénévoles en cadre associatif reconnu, l'immersion en entreprise et l'intégration à une action d'insertion. L'inscription à France Travail devient automatique, y compris pour le conjoint, concubin ou partenaire de PACS, même s'il travaille déjà. Le non-respect des engagements expose à un mécanisme dit de « suspension-remobilisation ».
Les heures Projet Pro, LECTIO, les modules SIAE et les immersions comptent dans les quinze heures. Cela change la nature de la prescription : l'attestation de présence devient une pièce qui sécurise les ressources du bénéficiaire, pas seulement un justificatif administratif. Le point de vigilance porte sur les publics les plus fragiles — analphabétisme, santé mentale, réunification familiale — pour lesquels le rapport 2025 relève déjà des durées d'accompagnement supérieures à douze mois.
Depuis le 8 avril 2026, le reste à charge obligatoire pour mobiliser son compte personnel de formation passe de 100 à 150 € ; le décret a été publié au Journal officiel le 30 mars 2026. S'y ajoute un plafonnement de l'usage des droits à 1 500 € sur certaines formations, qui empêche de financer intégralement un parcours même lorsque les droits acquis le permettraient. Point décisif pour nos publics : les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail sont totalement dispensés du reste à charge, et peuvent solliciter un abondement directement depuis Mon Compte Formation.
Un arrêté du 13 avril 2026 revalorise les montants des aides financières versées aux structures de l'insertion par l'activité économique, sur le principe d'un montant socle complété d'une part modulée exprimée en pourcentage du socle. À rebours de cette hausse, le volet formation du plan d'investissement dans les compétences dédié à l'IAE voit son budget reculer de près de 35 % en 2026 par rapport à 2025.
Les structures de l'IAE disposent de plus de moyens sur le poste et de moins sur la formation : la demande devrait se déplacer vers des formats courts, sur mesure, financés sur fonds propres ou par l'OPCO. C'est précisément le positionnement des modules SIAE expérimentés fin 2025 avec Entraide Services et dont le déploiement sur Lourdes / Argelès est annoncé pour 2026.
L'article 35 de la loi Climat et résilience entre en vigueur au 22 août 2026 : tous les marchés publics dépassant les seuils européens devront comporter une condition d'exécution relative au domaine social et à l'emploi. Le détail figure dans la rubrique Lien entreprise.